NXL Forge.Pendant que le marché rédige — nous livrons
Actu Odoo··4 min de lecture

Odoo majore de 25 % les anciennes versions : faut-il migrer ?

Odoo a étendu son support à toutes les versions Enterprise, mais facture 25 % de plus au-delà des trois dernières majeures. La première surtaxe est tombée en avril 2026, et la fenêtre couverte se déplacera encore avec Odoo 20. Reste à trancher entre migrer et payer.

OdooOdoo EnterprisemigrationTCOlicences

Depuis avril 2026, les clients Odoo Enterprise restés sur une version jugée trop ancienne voient une ligne supplémentaire sur leur facture. Odoo applique une majoration de 25 % sur le prix annuel de leur licence1. La mesure a été annoncée à l'été 2025 et sa première vague de facturation a été émise en avril 2026. Pour une PME ou une ETI qui pilote sa production, sa comptabilité et sa relation client sur Odoo, la ligne mérite un arbitrage budgétaire posé sans attendre.

Ce que la nouvelle politique dit vraiment

Odoo a présenté le changement comme une extension du support. Auparavant, seules les trois dernières versions majeures bénéficiaient d'un support complet. Désormais, toutes les versions Enterprise restent supportées, quel que soit leur âge2. La contrepartie tient en un chiffre : au-delà des trois versions les plus récentes, la licence coûte 25 % de plus par an.

Concrètement, le périmètre sans surcoût correspond aux trois dernières majeures. À la mi-2026, cela vise Odoo 17, 18 et 192. Une entreprise encore sous Odoo 16 ou antérieure entre dans la zone surtaxée. La logique n'est donc pas liée à une date calendaire fixe, mais à votre écart avec la version courante, et cet écart bouge à chaque sortie annuelle.

Le calcul, et les cas qui piègent

La base de calcul est le prix annuel du contrat. Pour un abonnement pluriannuel, Odoo divise le prix sur cinq ans par cinq afin d'obtenir l'assiette, puis applique les 25 %1.

Le calendrier de bascule dépend de votre date de renouvellement. Les contrats renouvelés après le 4 juillet 2025 relèvent des nouvelles conditions et sont concernés par la surtaxe dès avril 20263. Ceux renouvelés avant cette date bénéficient d'une clause d'antériorité, mais seulement jusqu'à leur prochain renouvellement : au renouvellement suivant, les nouvelles règles s'appliquent3. Un point a échappé à beaucoup : si vous terminez votre montée de version avant la facturation d'avril, la surtaxe ne s'applique pas pour ce cycle1.

L'effet Odoo 20, à surveiller de près

Le point que peu d'articles soulignent tient au caractère glissant du périmètre. Odoo 20 est attendu lors de l'Odoo Experience, du 24 au 26 septembre 2026 à Bruxelles4. Le jour où la version 20 devient la référence, la fenêtre couverte se déplace vers les versions 18, 19 et 20. Odoo 17, aujourd'hui dans la zone sans surcoût, en sortira. Une entreprise qui vient tout juste de migrer en 17 pour se mettre en règle pourrait se retrouver surtaxée dès son renouvellement suivant la sortie de la 20.

Cette mécanique change la façon de raisonner. Rester deux versions en arrière devient une ligne de coût qui revient chaque année, au lieu d'une dette technique que l'on peut différer sans facture immédiate.

Le reste de la note

La surtaxe n'arrive pas seule. Odoo a introduit une clause d'indexation pouvant atteindre 7 % par an sur les nouveaux contrats et les renouvellements, là où l'indexation ne jouait qu'occasionnellement au renouvellement auparavant5. En Amérique du Nord, les prix d'abonnement ont par ailleurs augmenté jusqu'à 30 % en 20265. L'Europe n'est pas directement visée par cette hausse régionale, mais la clause d'indexation, elle, s'applique aux contrats concernés.

Ces décisions s'inscrivent dans une trajectoire de croissance affichée : Odoo vise 10 000 salariés et un milliard d'euros de revenus à l'horizon 20274. Une politique tarifaire plus ferme sur le parc installé reste cohérente avec cet objectif.

Notre lecture

Le message d'Odoo, « toutes les versions restent supportées », est exact, mais il faut le lire pour ce qu'il est : la fin du support gratuit prolongé pour qui traîne. Pour une PME, la vraie question ne consiste pas à contester les 25 %, elle consiste à décider où placer le curseur. Migrer chaque année pour rester dans la fenêtre coûte cher en temps de recette et en régression sur les modules spécifiques. Payer la surtaxe indéfiniment revient à financer une dette qui grossit à chaque sortie annuelle.

Notre position de praticien : calez votre cadence de migration sur un rythme d'une version toutes les deux à trois sorties, en visant une bascule qui vous laisse au moins un an dans la zone couverte après chaque montée. Regardez d'abord le poids de vos développements spécifiques, car c'est lui, et non le prix de la licence, qui fait le coût réel d'une migration. Sur ce point, nos analyses sur la migration Odoo détaillent les postes qui pèsent. Et si la version 20 doit sortir en septembre, autant intégrer sa date dans votre plan dès maintenant, pour ne pas migrer vers une cible qui aura vieilli d'un cran à peine installée.

Sources

Footnotes

  1. Modalités de la majoration de 25 % (base de prix annuelle, division du prix quinquennal par cinq, facturation d'avril 2026, exemption en cas de migration préalable), rapportées par Ventor et Master Software Solutions, 2025 à 2026. 2 3

  2. Extension du support à toutes les versions Enterprise et définition des trois versions couvertes (v17, v18, v19 à la mi-2026), Captivea et Baamtu, 2025-2026. 2

  3. Règle d'antériorité pour les contrats renouvelés avant le 4 juillet 2025 et bascule au renouvellement suivant, Master Software Solutions et Quartile, 2025-2026. 2

  4. Odoo Experience 2026 (24-26 septembre, Bruxelles), aperçu d'Odoo 20 et objectifs de croissance d'Odoo, synthèses de presse spécialisée, 2026. 2

  5. Clause d'indexation jusqu'à 7 % par an (article 5.2) et hausses régionales jusqu'à 30 % en Amérique du Nord, forum Odoo et analyses spécialisées, 2026. 2

Sur le même thème

Votre idée mérite un vrai logiciel

Une question, un projet Odoo ?

Modules préconfigurés, intégration, sur-mesure — parlons-en sans engagement.